TDS or not TDS

par | Oct 4, 2022 | L'édito du moment | 1 commentaire

Le vaste monde des TDS comprend  trop d’activités, de spécialités et de personnalités différentes pour pouvoir être traité exhaustivement en une ou deux pages. Nous nous contenterons d’en définir les contours , ainsi que la problématique principale de l’activité.

TDS, ca veut dire quoi ?

TDS désigne indifféremment  le Travail du Sexe, et les Travailleurs/travailleuses du Sexe (Sex Workers in english).

Cela implique l’échange d’une prestation à caractère sexuel contre de l’argent ou objets ou services ayant une valeur marchande.

Pour la plupart des gens, ce terme désigne principalement les prostitué(e)s, soit par manque de connaissance du sujet, soit pour « adoucir » un nom à la connotation historique trop péjorative.

Les activités des TDS sont les shows webcam, les strip-teases, les massages érotiques, les ventes de photos ou vidéos érotiques en direct ou par le biais d’abonnements, les prestations d’escort, les tournages de films X, la téléphonie érotique, le BDSM tarifé, etc… ainsi que l’accompagnement sexuel des personnes handicapées.

De plus en plus, avec le développement des technologies numériques, les TDS peuvent cumuler plusieurs activités.

Les TDS et l’Etat français

 Non, l’Etat Français ne considère pas le Travail du Sexe comme un métier.

La société voit s’affronter périodiquement diverses idéologies antagonistes et souvent radicales. Ces débats restent finalement stériles (en terme de résultats), car le monde politique s’y intéresse peu pour le moment. Les électorats concernés ne pèsent pas suffisamment, et au sein des partis politiques, les positions sur le sujet sont très hétérogènes.

Il en résulte un fait clair : l’activité de TDS est simplement tolérée. Ni officielle, ni interdite, elle ne dispose donc d’aucun encadrement juridique, sanitaire et social.

Oui, l’Etat Français considère le Travail du Sexe comme une source de revenu.

Cela signifie qu’un TDS devra déclarer les sommes gagnées aux Impôts, et, suivant ses activités et son chiffre d’affaire, devra adopter un statut (micro-entreprise, entreprise en nom propre) lui permettant de justifier recettes et dépenses…

TDS, prostitution et proxénétisme

Proxénétisme : « Délit qui consiste à tirer profit, à tirer des revenus de la prostitution d’autrui ou à la favoriser. » – Définition « La Langue Française »

L’activité de TDS n’est pas légale, elle est juste tolérée. Cela signifie qu’un fonctionnaire, une administration régionale, peuvent du jour ou lendemain requalifier une activité de TDS en prostitution. Et qui dit prostitution, dit proxénétisme.

Du jour au lendemain, le titulaire du compte bancaire commun peut donc se voir accusé de proxénétisme. Idem si les sous de l’activité de TDS servent à faire fonctionner le ménage.

Pour mettre un peu d’ambiance, il faut savoir que le proxénétisme est puni de 7 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

Un conseil ? En cas de vie commune :

1.- créer un compte bancaire spécifique pour les activités de TDS

2.- s’assurer que les dépenses sur ce compte couvrent exclusivement des activités professionnelles (offrir un pull à quelqu’un avec la carte bancaire de ce compte,  c’est lui faire bénéficier des revenus d’activité du TDS).

Si vous souhaitez utiliser votre compte personnel, c’est possible, mais tenez une comptabilité rigoureuse des recettes et des dépenses liées à votre activité de TDS, et assurez-vous que les dépenses correspondantes ne profitent qu’à vous.

Et pourquoi tu ne parles pas du STRASS et des différentes associations qui défendent les TDS ?

Ben si, je parle du STRASS, la preuve.

Le STRASS est le syndicat des TDS. Outre ses activités « classiques » de syndicat (information, actions, négociations), il peut apporter une aide juridique à ses adhérents. Comme pour tous les syndicats, plus il a d’adhérents, plus son poids dans les actions et les négociations est important.

Ce n’est pas notre rôle de conseiller à quiconque de se syndiquer, ou d’adhérer à telle ou telle association. D’une part parce que chacun dispose (encore) d’un libre arbitre, et d’autre part parce que se syndiquer ou adhérer implique une certaine démarche personnelle (aspirations propres, caractéristiques et orientations « politiques/éthiques » du syndicat ou de l’association) dans laquelle nous ne pouvons pas entrer.

TDS, des évolutions à venir

Crise économique, développement du télé-travail, essor des technologies de communication, évolution des moeurs… On sent bien que le terrain est favorable au développement des activités de TDS. La seule inconnue reste la réponse politique, qui oscille actuellement entre légalisation et prohibition.

Babylon Drowning ne manquera pas de vous informer des évolutions à venir…